Très Fâchée !

Publié le par B. Lisama

Calomniez, calomniez,

il en restera toujours quelque chose !

Je t'ai entretenu-e, lecteur-trice,

de la calomnie qui s'abat depuis trois ans

sur mes collègues professeur-e-s

du Collège Jean Monnet de Briis-sous-Forges.

Article du 6 septembre 2016

http://www.b-lisama.com/2016/09/ce-que-je-dirais-a-julie-gayet.html

 

Le film qui évoque  la pénible affaire Marion Fraisse, 

fiction inspirée du livre écrit par sa mère,

dans laquelle les personnages de la fille et de la mère

portent leurs vrais prénoms

et qui reprend le seul point de vue de madame Fraisse

va passer sur France 3 le mardi 27 septembre.

 

Et ce sera encore une occasion de lynchage médiatique 

des professeur-e-s à qui leur administration a toujours refusé 

de se défendre dans les médias.

 

Le film est une pure fiction

mais qui évidemment marquera les esprits des spectateurs 

et en fera LA REALITE !


Dans le débat qui suivra

l'Education Nationale se servira bien évidemment 

de ce tragique événement 

comme tremplin à la campagne contre le harcèlement scolaire.

 

Et la vindicte populaire retombera

sur les personnels et anciens élèves 

du collège Jean Monnet

qu'elle n'épargne pas depuis le drame.

 

TROP C'EST TROP !!

La semaine dernière, le Directeur  Académique 

expliquait à ces personnels que ce film est "une romance"  

et aussi la signification de ce mot !!

-un-e prof-e ça n'a pas beaucoup de vocabulaire, n'est-ce pas ?-

 

Pour pallier la carence de l' administration 

et raconter les faits,

un collectif des personnels du collège Jean Monnet 

(professeurs, direction, infirmière scolaire...)

a rédigé et diffusé un document :

Récapitulatif affaire Fraisse pour les collègues

 

J'ai copié-collé ce document Word sur mon article

et le voici. Le texte est long mais clair et précis.

Et je soutiens complètement cette action d'information.

 

  Tu dois savoir, lecteur-trice,  ce qui s'est effectivement passé,

et ne pas te laisser abuser par ce film !

 

Et si tu connais des enseignants, je te remercie 

de leur transmettre  ce document qui établit les faits réels

pour qu'ils le diffusent à leur tour.

 

Récapitulatif des faits liés au suicide de Marion Fraisse

 

I / Avant le suicide

En 2012/2013 au collège de Briis-sous-Forges, très vite des difficultés sont apparues dans deux classes de 4ème, difficultés relatives à la gestion de classe avec un regroupement d’élèves difficiles et agités, face à des enseignants majoritairement nouveaux dans l'établissement, dont deux stagiaires.

La classe de Marion était l’une de celles-ci. Très vite, des parents se sont légitimement plaints de l’agitation pendant les cours. Nul ne l'a nié et enseignants, Professeur Principal et  Principal adjoint qui avait en responsabilité le suivi du niveau de 4ème ne sont pas restés pas sans rien faire. Des punitions et sanctions ont été graduellement appliquées selon la gravité, conformément aux textes en vigueur.

Au bout de quelques temps, des parents, dont Mme Fraisse,  ont demandé de changer leurs enfants de classe. Il s’avère que la règle à cette date imposait un maximum de 30 élèves par classe or toutes les classes de 4èmes (4) atteignaient ce chiffre. Si nous acceptions, cela nous obligeait  à procéder à des échanges de classes, donc à placer dans celle posant problème d’autres élèves des autres classes : qui, sur quels critères, quels parents accepteraient ? Ce point n’est pas anecdotique dans l’affaire qui nous intéresse. Mme Fraisse  l'a demandé deux fois par téléphone avec véhémence et a obtenu cette explication. Elle n'a pas demandé de rendez-vous que le Principal aurait refusé : il les accepte tous. Il  lui a assuré que nous agissions. La même explication a été redonnée mi-octobre lors des rencontres parents-professeurs où le Principal est allé soutenir le Professeur Principal qui se faisait verbalement agresser par trois ou quatre parents, dont Mme Fraisse, devant tous les autres. Cela s’est quelque peu calmé car des sanctions, progressives comme il nous est obligé, étaient prises, qui sont allées  jusqu’à l’exclusion définitive de deux élèves avant le 15 décembre par le Conseil de Discipline.

Jamais Mme Fraisse ne nous a dit que sa fille était harcelée ou au moins, moquée, insultée. Elle ne nous a jamais contactés non plus sur d’éventuelles difficultés que pouvait rencontrer sa fille. Jamais elle n’en a parlé avec les parents délégués de classe au conseil de classe ni aux présidents des deux fédérations de parents d’élèves. Jamais non plus Marion ne s'est plainte auprès d’adultes (Conseillère Principale d’Education, professeurs, surveillants, infirmière scolaire…) de ce type de problème.

Concernant la vie du collège, tout se passait normalement avec notamment des actions de prévention contre le harcèlement auprès des élèves mises en œuvre par  la Conseillère Principale d’Education (CPE) et l’infirmière du collège depuis plusieurs années.

 

II / Février-mars-avril 2013

Le mercredi 13 février, dans l’après-midi, le Principal a reçu un appel téléphonique de son adjoint et de la CPE à son domicile pour lui annoncer qu’une Assistante de Vie Scolaire (AVS) venait d’apprendre le suicide de Marion Fraisse. Il leur a ordonné de ne rien faire car il devait avant tout prévenir la hiérarchie, à savoir la Direction Académique de l’Essonne à Evry. Il a appelé la Proviseure Vie scolaire, conseillère du Directeur académique (Inspecteur d’académie) pour lui faire part de cette information et recevoir ses consignes.

A partir de ce moment précis, tout, absolument tout ce qu'il a fait, écrit ou dit l’a été soit avec l’accord de sa hiérarchie, soit en suivant et appliquant ses consignes. Il les a toujours informés du moindre fait lié à cette affaire.

Dès le lendemain, la mère tient le collège pour responsable de ce suicide, dû selon elle au harcèlement que sa fille aurait subi, sans que nous ne fassions rien. Elle a téléphoné au collège et Principal et adjoint ont entendu les larmes, les cris de cette maman totalement effondrée. Ils étaient tous deux bouleversés et ont présenté leurs condoléances, ne sachant que dire. Ils ont réitéré leurs condoléances au père venu chercher les affaires de Marion le lendemain.

Les chefs de l'établissement gèrent alors le traumatisme collectif des élèves et des adultes dont les professeurs de Marion, et tiennent compte des demandes de la famille qui a interdit toute présence ou fleurs à l’enterrement ainsi que toutes condoléances, considérant qu’elles seraient provocations. Elle dit même qu’elle ne veut rien voir apparaître dans la presse. Or celle-ci campe devant le collège. Nous sommes grandement aidés par l’envoi de personnels infirmiers, assistantes sociales, cellule de crise de la hiérarchie et notamment la Proviseure vie scolaire qui a toujours répondu présente. L’établissement vit alors des moments très durs. Les amis de Marion ne comprennent pas son geste et sont totalement surpris et atterrés car elle n'a jamais évoqué l'idée  de mettre fin à ses jours.

Comme  nous devions respecter le souhait des parents de n’avoir aucun contact et de ne  voir aucune image de quelque hommage que ce soit dans les médias, il a été organisé, dans une petite cour intérieure du collège, une discrète cérémonie de toute la communauté éducative du collège : enfants comme adultes souhaitaient se recueillir et rendre hommage à Marion. Dessins, poèmes, fleurs sur un banc et tous rassemblés. Cachés.                                                                   

La presse parle immédiatement de harcèlement et d’une lettre  laissée par Marion. Il s’agit d’une « fuite » des enquêteurs. Plus tard, la mère ayant récupéré ce courrier, elle en fait publier des extraits choisis par elle dans la presse. 

Un audit est effectué par le Directeur de la Cellule Académique d’Aide aux Ecoles et aux Etablissements (CAAEE) du rectorat de Versailles et un Inspecteur Pédagogique Régional dans les semaines qui suivent le drame. Le peu que le Principal en ait su par une conseillère de M. Peillon était très gratifiant : il concluait à l’absence d’anomalie dans le traitement de la  situation de cette élève qui ne s’était jamais plainte auparavant ni aux surveillants, ni aux enseignants, ni à l’infirmière et n’avait présenté aucun signe inquiétant. L’audit disait grand bien de la gestion des rapports humains dans l’établissement et du climat de confiance, de dialogue qui y régnait, notamment avec les parents d’élèves.

Mme Fraisse, elle, fait feu de tout bois, « poursuivant » des élèves dans la rue pour leur demander des informations sur le collège, en accusant d’autres, traumatisés, qui font des détours pour ne pas passer devant sa maison, appelant le Professeur Principal à son domicile à 21h30, interpellant un enseignant en pleine rue, manifestant publiquement son animosité dans une fête de village à l’encontre d’adolescents du collège...

Enfin, Mme Fraisse demande, via la présidente locale d’une fédération de parents d’élèves, à ce que le bulletin du 2ème trimestre de Marion, décédée avant la fin dudit trimestre, lui soit remis par le Principal, afin d’expliciter les appréciations des professeurs ! La hiérarchie décide en premier lieu que le bulletin doit être rempli par les enseignants (donc ils doivent rédiger des appréciations sur une élève décédée...), au demeurant toujours bonne élève, et qu’il lui sera remis au siège de l’Inspection à Evry, ce que la mère refuse. Elle exige que ce soit effectué au collège même et  impose ses conditions de bout en bout : le Ministère envoie M. Debarbieux, sociologue qui établit alors le plan de lutte contre le harcèlement au plan national pour le Ministre, avec une voiture du ministère, chercher M. et Mme Fraisse à leur domicile pour les conduire au collège dont ils traversent la cour à l’heure précise de la récréation, comme exigé par la mère, celle-ci scrutant alors les élèves et  se rendant aux toilettes voir si des graffitis évoquent son enfant.

 

III / Ce que nous savons.

C’est par les médias, des enquêteurs et le livre de Mme Fraisse que nous avons des éléments sur ce qu’il s’est passé.

Il s’avère que Marion a eu un problème avec d’autres élèves de sa classe durant les 24 heures qui ont précédé le suicide : cela ne répond pas à la définition du harcèlement, qui suppose répétition obstinée, donc durable, d’actes malveillants et de moqueries envers la même personne..

En effet, Marion a insulté (la traitant de « boloss ») une élève fragile et absente pour raisons de santé que beaucoup d’autres ont défendue, dont les amis de Marion ; l’altercation a eu lieu le mardi, veille du suicide, à 10h30. Certains sont allés jusqu’à l’insulter et la menacer gravement sur sa page facebook (compte caché à ses parents, Marion n’ayant pas l’autorisation d’en avoir un) ou par textos. Dans l’après-midi du mardi, après les premiers échanges, Marion n’était pas bien, elle avait mal au ventre. Le collège a appelé sa mère contre son avis puisqu’elle a dit que de toute façon celle-ci ne viendrait pas. Sa grand-mère est venue la chercher. Durant la soirée, son petit ami a accepté sa « proposition » de séparation. Le relançant ensuite, elle n'a pu que prendre acte de la rupture, ce qui l’a profondément attristée. Elle pleure, effondrée, et sa mère la console (cf. son propre livre).

 Le mercredi matin, Marion n’était pas au collège, déclarée malade. Sa mère était avec elle puis est partie déjeuner chez une amie dans le village, la laissant seule. Lui téléphonant ensuite et n’obtenant pas de réponse, elle est revenue à  son domicile et a trouvé sa fille pendue dans sa chambre. Pompiers et gendarmes sont promptement arrivés mais n’ont rien pu faire.

 

 

IV / La suite.

Très vite, la « machine médiatique » s’est mise en route, Mme Fraisse et son efficace avocat lui fournissant régulièrement matière.

Des appels et courriels anonymes insultants, parfois gravement menaçants sont reçus au collège. Les élèves concernés sont retirés du collège pour certains, d’autres changeront d’établissement la rentrée suivante.

Une première enquête du parquet d’Evry aboutit à considérer que la plainte de la mère n’est pas recevable  et son avocat dépose une nouvelle plainte à Paris, plainte qui sera a nouveau déplacée à  Evry, tribunal  dont le secteur du collège dépend.

Malgré leurs demandes réitérées, la direction et les personnels du collège ne peuvent obtenir que leur hiérarchie les défende et sont rappelés à leur devoir de réserve : nous souhaitons seulement que soit dit clairement que la  plainte n’a pas été jugée recevable une première fois et qu’on ne peut donc pas considérer les propos de la mère comme globalement avérés, en attendant la fin de l’enquête.

Un an après le suicide, en février 2014, la mère est interrogée dans de nombreux médias à l’occasion du dépôt de sa deuxième plainte (à Paris). A nouveau, seuls les dires de la mère sont reproduits, sans la moindre réserve.

En janvier 2015, elle réitère ses propos dans son  livre témoignage, dans lequel elle s’adresse directement à sa fille et tient un double discours : elle renouvelle tout un tas d’accusations calomnieuses et donne des éléments de récit qui contredisent son point de vue. La journée sur le harcèlement organisée en février 2015 sera à nouveau l’occasion de lui donner la parole et de faire écho à sa version des faits, alors même qu’entre-temps l’enquête est repassée du parquet de Paris à Evry et a déclenché l’audition de toutes les personnes du collège concernées et de tous les anciens élèves (au moins deux heures par élève,  plus de 4 heures 30 pour les chefs de l'établissement). Les chaînes télévisés, les stations de radio et journaux continuent donc à relayer le témoignage de Madame Fraisse sans aucune précaution concernant la véracité des faits et le fait que la plainte n'est  toujours pas reconnue recevable, sans relever les contradictions du livre ni les passages qui infirment parfois ses propres conclusions et ce qu’elle dit aux médias.

Par exemple, elle accuse le collège de ne pas avoir changé sa fille de classe, oubliant de fournir l’explication qui avait été donnée. De même, l’accusation d’inhumanité pour absence de condoléances ne tient pas, du fait que cela a été fait par téléphone le lendemain et le surlendemain du suicide, que la mère a demandé elle-même que personne ne se manifeste et qu'elle a interdit à plusieurs reprises toute manifestation, toutes condoléances, les considérant comme des provocations, ce qu’elle dit elle-même dans le livre. (v. p25 et 58).

Elle ne cesse de vanter la relation « fusionnelle » qu’elle avait avec sa fille : elle ne savait pas que Marion avait passé outre son interdiction de posséder un compte Facebook ni qu’elle avait triché en prétendant avoir perdu son carnet de correspondance afin d’en obtenir un nouveau, qu’elle donnait un carnet au collège pour des remarques de professeurs sur son comportement par exemple et montrait le carnet vierge à sa mère.

Mais les médias (journal de 20h de M.Pujadas en direct, 4 pleines pages dans Le Nouvel observateur en novembre 2013, le grand journal de Canal+ en direct, France info, L’Express en avril 2016, Le Figaro, M6, FR3, les quotidiens régionaux etc.) ne font part QUE de ce que dit Mme Fraisse, que beaucoup interviewent. Partout, toujours, nous sommes représentés comme des monstres déshumanisés et responsables de la mort de Marion.

Depuis maintenant trois ans, dans le collège, quelques parents mal intentionnés font état de cette affaire pour accuser le personnel d’incompétence à tout propos (conflits avec des parents, conseils de disciplines, choix de lectures…) en nous jetant le suicide au visage.

Depuis trois ans, des jeunes, des familles, des enseignants, des personnels de tous services et d’encadrement sont jetés en pâture à la vindicte populaire sans avoir la possibilité de défendre leur honneur par un déferlement médiatique qui ne fait état que de ce qu’affirme Mme Fraisse et sans que l'institution ne prenne la peine de défendre ses personnels qui ont pourtant toujours agi selon ses conseils et directives. Car nombre d’attaques de Mme Fraisse concernent la gestion de « l’après ».

Mme Fraisse  gère l’association de lutte contre le harcèlement qu’elle a créée, « Marion, la main tendue » et la page Facebook de cette association. Elle donne des conférences sur le harcèlement dans des établissements publics et se vante de faire diffuser le téléfilm dans les établissements, alors que le Ministère affirme que l'association n'a reçu aucun agrément de l'Education Nationale.

En effet, le 27 septembre, un téléfilm directement adapté du livre sera diffusé sur France 3.

A plusieurs reprises, le chef d'établissement a eu l'occasion d'expliquer  l’aspect inquiétant de la situation, le mal-être des adultes et surtout des enfants concernés dont la Proviseure du lycée voisin  décrit les souffrances et la fragilité, voire la déscolarisation. Il a dit notre crainte qu’un nouveau déferlement médiatique lié au téléfilm de fin septembre (avec Julie Gayet dans le rôle de la mère) suivi d’un débat en plateau avec Mme Fraisse, ait des répercussions gravissimes sur des personnes fragilisées. Nous demandons de nouveau à Madame la Ministre de déclarer ou de faire déclarer publiquement notre droit à la présomption d’innocence, d'expliquer que nous n’avons pas le droit de répondre et donc de nous défendre, que la justice ne se rend pas dans la presse, sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux de télévision mais dans les tribunaux, qu’une procédure judiciaire est en cours et que nul n’est actuellement mis en examen. Trois ans d’enquête, trois magistrats différents et personne n'a été  mis en examen, aucune suite...

Nous rappelons que l’article 11 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dispose que : « la collectivité publique est tenue de protéger les fonctionnaires contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occasion de leurs fonctions, et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en résulte ». Nous sommes traînés dans la boue et, jusqu'à présent, en l'absence de cette protection,  nous  nous sentons abandonnés.

V / Où en sommes-nous ? Que faire ?

A ce jour, nous attendons que  la juge d’instruction d’Evry se prononce par une ordonnance de non-lieu ou un renvoi devant un tribunal correctionnel à partir du dossier d’enquête qui lui a été remis par la gendarmerie de Limours en septembre 2015. Mais nous peinons à obtenir des informations qui nous concernent pourtant, car la juge n’est tenue de faire part de sa décision qu’à la plaignante dès lors que personne n’a été mis en examen.

Nous ne pouvons qu’attendre la déflagration que causera le téléfilm.

Que peut-on faire pour empêcher qu’un tel téléfilm soit présenté comme le récit véridique de faits qui ne sont pas avérés ? Pour éviter que nos élèves soient montrés du doigt pour des actes qu’ils n’ont pas commis (certains médias évoquant même des brimades, coups et tortures infligées à Marion dans l’établissement) ? La présomption d’innocence n’a-t-elle  plus lieu d’être en France ?

Si un téléfilm sur le harcèlement est sans aucun doute utile et largement justifié, cela nous étonne que cela puisse être fait sans aucun égard aux décisions de justice concernant une affaire portée à la connaissance des médias par une des parties, sans que l’autre puisse s’exprimer. La version connue est ainsi forcément partiale. Le réalisateur du téléfilm dit lui-même dans le dossier de presse qu'il s'agit d': « (…) une réalité scandaleuse que j’ai voulu montrer, sans concessions, dans un parti pris de radicalité. ». Avec des images de Marion frappée au sol, ce qui n’est JAMAIS arrivé ! Le collège est d'ailleurs présenté comme un lieu de violence, accueillant une population parfois ingérable dans des scènes parfaitement invraisemblables, surtout pour qui connaît cette petite ville de campagne et son petit collège "ordinaire".

De plus, ce téléfilm, intitulé comme le livre de madame Fraisse, « Marion, 13 ans pour toujours », ne pourra se targuer d’un filtre fictionnel. Le fait que Julie Gayet joue le rôle de la mère, celle-là même qui accuse maintenant toute l’institution et déclare avoir porté plainte contre l’Etat devant le Tribunal Administratif, est particulièrement surprenant et laisse craindre que, de nouveau, la communication autour de cette affaire tragique manque cruellement de recul et d’objectivité, donc de sens des responsabilités vis-à-vis des personnes concernées injustement accusées.

 

Que faire ? Continuer à se laisser accuser sans pouvoir répondre ? Nous, les enseignants et personnels de Briis-sous-Forges, nous avons créé un collectif. Nous avons rédigé un historique de cette affaire qui a été envoyé à tous les médias : seul Le Parisien et Closer en ont fait état de façon relativement objective, au contraire de L’Express qui a publié un article  à charge contre le collège, en avril dernier, accumulant approximations et contre-vérités, en citant des noms pour la première fois et  précisant avoir eu accès au dossier ! Aucun autre  journaliste n’a fait part de la version du collectif, qu’ils venaient tous de recevoir.

Nous nous sentons désarmés, dépassés, impuissants, seuls, ne maîtrisant pas le fonctionnement de la justice ni le droit visiblement supérieur à tout dans notre pays de la liberté de la presse. Désemparés et attendant avec une infinie inquiétude le prochain lynchage médiatique. Nous nous sentons tous, comme les élèves incriminés, salis, diffamés. Que pouvons-nous faire ? Faut-il attendre un drame pour que nous soyons entendus ? Car le risque existe, nous en avons déjà alerté la hiérarchie … N'ajoutons pas de la douleur à la douleur, de l'incompréhension à l'incompréhension mais respectons la Justice et laissons place à l'émergence de la Vérité.

 

MERCI d'avoir pris le temps de le lire....

 

A bientôt, lecteur-trice...

 

 

 

 

 

 

 

 

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