Petits écrits à coeur battant
Figés sur cet îlot ouvert à tous les vents
Qui gonflent les drapeaux, dans le recueillement,
Autour du catafalque à la flamme brillante,
Avec pour ciel de lit l’Arc aux pieds de géant,
Nous étions à la fois petits, émus, confiants.
La vie se déroulait mais le temps s’arrêtait…
Au-delà de l’Etoile et dans le soir tombant
Paris nous enserrait en ce jeudi brumeux
Avec ses avenues bruissantes, polyglottes,
Ses immeubles massifs et
pourtant élégants.
La ronde des voitures tournait au ralenti,
Le bleu des gyrophares, le blanc des clignotants
Et le rouge des stops aux clins d’œil incessants
Dans un bourdonnement lointain et assourdi.
Et là bas, scintillante, en habit de lumière,
Surgissant au dessus des maisons et des arbres,
Doigt d’acier dentelé pointant vers l’avenir,
La Tour Eiffel semblait vouloir nous accueillir.
Troupe paisible, face au garde à vous des soldats,
Et riche du mélange des générations,
L’espace d’un instant nous rendîmes hommage
A ces hommes d’antan de qui nous descendions.